À Rio, les trafiquants pourraient se servir d’enfants comme boucliers humains

La ville de Rio enquête dans les favelas pour savoir si les criminels utilisent des jouets d’enfants pour bloquer l’accès à certaines rues.

La police militaire aurait constaté que certaines rues étaient fermées par la présence de jouets comme des trampolines et châteaux gonflables.

 

Le commando d’intervention en sécurité de Rio est en train de mener une évaluation afin d’établir si la présence de jeux d’enfants bloquant l’accès à certaines parties des favelas est une tactique délibérée des trafiquants. En attirant les enfants sur des trampolines et châteaux gonflables, ces derniers pourraient monter des boucliers humains contre les raids militaires et compliquer les opérations policières.

Depuis février 2018, les troupes fédérales ont mené plus de 127 opérations dans l’état de Rio. Durant l’une des interventions d’août, dans la communauté d’Antares à l’ouest de la ville de Rio, les militaires auraient trouvé quasiment toutes les voies d’accès bloquées par des trampolines et châteaux gonflables dans lesquels jouaient des enfants.

D’après le général Richard Nunes, secrétaire d’État à la sécurité publique : “En installant ces trampolines, les criminels utilisent des enfants comme boucliers humains, ce qui est inadmissible.” D’après le général, l’opération dans la communauté visait à “amener l’ordre sur le territoire, montrer la présence de l’État, surtout à l’approche des élections, afin d’inhiber l’attitude criminelle et donner à la population la liberté de se déplacer en paix.”

En plus des actions à Antares, la police et les forces armées sont également intervenues au Complexe de l’Alemão afin “d’intensifier le la lutte contre le trafic de stupéfiants”, au complexe du Lins, “afin de réarticuler l’Unité de Police Pacificatrice,” et enfin dans la Cité de Dieu afin “d’intensifier les patrouilles et de dissuader les actes criminels.”

En citant les problèmes découverts à Antares, le général Nunes a commenté : “Lorsqu’on place un trampoline pour enfants au milieu de la rue, c’est un signe de désordre publique, de non respect d’un partage de l’espace public de base, qui cache une activité criminelle.” Selon lui, “les criminels profitent de cette tolérance, de cette permissibilité sociétale envers cette pratique, afin de couvrir leurs actions criminelles, en plaçant des enfants pour agir en tant que véritables boucliers humains et empêcher l’accès aux agents de la loi, ce qui n’est pas acceptable.”

Les mesures de l’activité policière

Le responsable de l’intervention à Rio, le général Walter Braga Netto, à quant à lui réitéré que le travail dans les rues du commando d’action permet la réduction de la criminalité dans l’état. Les actions conjointes des polices de Rio et des forces armées ont couvert plus de 90 000 kilomètres dans 19 communautés cette année.

À ces chiffres s’ajoutent ceux des 400 véhicules récupérés par les forces de l’état et 420 incarcérations, sans compter l’élimination de plus de 800 barricades. Le général Braga Netto met en avant les actions et stratégies du commando, mais celles-ci n’auraient pas été épargnées par les critiques, dans une période électorale tense.

 

Traduction des propos du général Richard Nunes: Kotolingo Traductions

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