L’exploitation minière fait débat au sud du Brésil

Au début des années 2000, l’industrie minière prenait d’assaut l’intérieur du Brésil en développant des mégaprojets dans des états riches en minerai. C’était le “Boom des produits de base”, et la croissance était au rendez-vous. Puis vint la crise économique et la chute des prix des matières premières. Entre 2011 et 2014, des centaines de projets ont donc été abandonnés ou mis de côté par l’industrie. Le gouvernement a, durant la même période, réduit les mesures de contrôles des exploitations minières afin de soutenir le développement du secteur, résultant parfois en catastrophes socio-environnementales, comme cette rupture de barrage dans l’état de Minas Gerais.

En dépit de ces conditions, une région avait toutefois été épargnée : La pampa. État proche de l’Argentine et voisin de l’Uruguay, Rio Grande do Sul voit une partie de son territoire couvert par ces vastes prairies fertiles. Traditionnellement, la population a profité de ces territoires à l’écosystème fragile pour l’agriculture et la pêche. Aujourd’hui, après la reprise du marché des matières premières, les entreprises d’exploitation minière y voient une nouvelle frontière de développement.

De nouveaux projets de grande envergure sont proposés, d’autres ressortis des cartons, tout comme des centaines de demandes de prospection minière dans le sud de l’état de Rio Grande do Sul, où se trouve la pampa. Ces territoires cibles sont des zones de grande diversité écologique où les élevages et l’agriculture traditionnelle ont su trouver leur place.

Cet intérêt soulève une question : l’exploitation minière est-elle compatible avec la production alimentaire ?

Le marché rejetant les produits alimentaires issus de zones à risque de contamination, faire place aux activités minières dans la pampa représenterait une menace réelle sur la production alimentaire. Un peu partout, des voix s’élèvent pour protester contre ce développement économique, comme le groupe “Mineração Aqui Não” (Pas d’exploitation minière ici) ou la professeure Jaqueline Durigon de l’Université Fédérale du Rio Grande, ou Carlos Alberto Seifert Jr. de l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul.

D’après ces derniers, alors que les activités agricoles répondent le plus souvent à des demandes locales, l’exploitation minière elle, répond à la demande des marchés internationaux, sans prendre en compte l’intérêt social ou national. L’exploitation des ressources ne devrait pas être déterminée par la simple existence de celles-ci mais prendre en compte les variables socio-environnementales afin de déterminer les zones d’incompatibilité avec l’exploitation minière. Enfin, il y aurait un risque que la pampa devienne dépendante de l’industrie minière et de la chaîne de production et transport.

À cela s’ajoute une donnée marquante: le Brésil récupère des royalties sur l’exploitation minière qui sont parmi les plus faibles au monde. Elles sont de 1,5 % pour l’or, contre 4 % pour la Chine. Pareil pour le cuivre (2 %) alors que l’Australie ou le Chili récupèrent 4 à 20 %. Malgré tout, la pampa semble destinée à devenir une nouvelle zone d’exploitation minière au Brésil.

 

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