Pour les équipes européennes de football, les jeunes joueurs brésiliens sont un investissement pouvant être très profitable

Le marché des transferts européen, poussé par la manne financière de la Premier League et de quelques équipes de premier rang, a vu la valeur des joueurs augmenter de manière significative. Si les jeunes joueurs du championnat brésilien sont toujours aussi prisés à l’étranger, se sont d’abord les équipes européennes qui profitent de la valeur de revente de ces pépites.

En ce qui concerne le championnat de France, nous pouvons citer Malcom, vendu durant le mercato estival au FC Barcelone pour 41 millions d’euros. Il était arrivé aux Girondins de Bordeaux en 2016 pour 5,2 millions, à l’âge de 19 ans. Fabinho, un des joueurs les plus prisés de ces dernières années même sans disputer la coupe du monde, a été acheté par Liverpool dès le début de la période des transferts pour 45 millions d’euros. Il n’avait coûté que 6,2 millions à l’AS Monaco, qui l’a acheté au Rio Ave (Portugal) en 2015, et n’avait rapporté que 534 mille euros à son club formateur, le Fluminense, en 2012. Il était âgé de 18 ans.

 

Le Brésil n’a pas toujours été un pays exportateur de ses joueurs. Dans le onze de départ de l’équipe qui a disputé la coupe du monde 1982, seul Falcão jouait en Europe (à la Roma), toutes les autres stars étaient encore au Brésil. Depuis cependant, l’exil des joueurs Brésiliens s’est intensifié un peu plus chaque année, mais jusqu’à récemment, les joueurs partaient souvent pour des écuries confirmées, après avoir d’abord confirmé dans le championnat local.

À présent, les équipes de seconde zone n’hésitent pas à acheter les jeunes joueurs prometteurs dans l’espoir de pouvoir les revendre bien plus cher quelques années plus tard. C’est un système qui profite à tout le monde: les gros clubs s’offrent des talents confirmés, qui se sont acclimatisés et adaptés au football européen, les clubs moyens reçoivent des sommes considérables, et les joueurs se servent de ceux-ci comme tremplin pour se faire remarquer. Tout le monde profite, sauf peut-être, les clubs formatteurs.

Le championnat local aussi souffre de cet exil permanent. Alors qu’autrefois le vainqueur de la Copa Libertadores (une coupe qui se dispute entre les meilleurs clubs sud-américains) pouvait affronter le vainqueur de la Champions League la tête haute, aujourd’hui la différence de niveau entre les championnats européens et sud-américains est assez facilement remarquable, et l’écart ne semble pas se réduire, bien au contraire.

Un peu comme le serpent qui se mord la queue, ce cycle d’exil des meilleurs joueurs semble engendrer un appel d’air pour qu’encore plus de jeunes talents quittent le championnat brésilien. “Les meilleurs veulent jouer, progresser au contact des meilleurs, et c’est en Europe qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent,” explique l’avocat Marcos Motta, qui compte notamment Neymar parmi ses clients. “Les recruteurs cherchent toujours à repérer les joueurs très jeunes. Nous sommes vendeurs de promesses.”

Une des équipes qui a su le mieux tirer parti de ces promesses est le Chakhtar Donetsk. L’équipe ukrainienne qui a disputé la Ligue des Champions en 2017/2018 comptait par moins de 8 Brésiliens dans ses rangs, dont Fred, qui a été revendu cet été à Manchester United contre une indemnité de 60 millions d’euros.

En échange, le club champion d’Ukraine s’est attiré les services de Marquinhos Cipriano, 19 ans, Fernando, 19 ans, et Maycon, 21 ans. Trois jeunes prometteurs, rapides, avec des sélections en équipes nationales jeunes, contre un total de… 13,4 millions d’euros. La perspective idéale pour réaliser des profits futurs.

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