L’Université d’État de Bahia met en place des quotas pour les minorités

À partir de l’année prochaine, l’université publique augmentera de 5 % les places offertes aux candidats issus de minorités. Ces nouveaux quotas permettront donc d’obtenir une augmentation de la diversité sur le campus en incluant plus d’étudiants de premier et second cycle transgendres (dont transsexuels et travestis), gitans, quilombos (descendants d’esclaves), autistes ou avec un handicap.

Ce changement n’affectera pas les quotas déjà réservés aux candidats noirs qui resteront à 40 % ni ceux ouverts à tous (les 60 % restants). Les nouveaux quotas ouvriront des places qui viendront s’additionner aux places déjà offertes, comme c’est déjà le cas pour les candidats issus de communautés indigènes et pour qui les quotas ne changeront pas.

Pour Sobraya Nogueira, vice-présidente de l’Institut Brésilien Trans d’Éducation, cette initiative représente une avancée considérable pour cette minorité qui souffre souvent de discriminations dès leurs premières années de scolarité, soulignant toutefois que l’université devra faire des efforts pour recevoir ces élèves qui arrivent souvent déjà traumatisés.

“Avoir des quotas ne suffira pas,” explique Nogueira. “L’environnement continue d’être un facteur d’exclusion et […] si j’ai réussi à m’intégrer [au marché du travail], c’est grâce au concours public et j’ai été persécutée en milieu scolaire durant mon stage probatoire (Nogueira était professeure).”

Les chiffres de l’association nationale des travestis et transsexuels (Antra), dont le siège social est à Salvador de Bahia, montrent qu’entre le premier janvier et le 21 juillet de cette année 95 personnes transgenres ont été assassinées au Brésil, dont deux dans l’état de Bahia.

L’université d’État de Bahia avait déjà été une des premières au pays à mettre en place un système de quotas, en 2002. L’espoir est qu’avec cette nouvelle mesure, inédite au pays, plus de populations exclues trouvent une place dans le système. Les Roms, par exemple, pourraient en bénéficier. Bahia est le second état avec le plus de camps des trois ethnies vivant actuellement au Brésil (Kalés, Sintis, Gitans).

La loi 12.711, promulgée en 2012, avait mis en place un système de quotas pour les élèves issus de l’école publique et des communautés noires dans les universités et instituts d’enseignement fédéraux. Elle semble avoir permis des résultats encourageants en la matière : le nombre de diplômés supérieurs noirs étant passé de 2,2 % en 2010 à 9,3 % en 2017, cinq ans après l’application de la loi. (source IBGE).

 

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